Légèreté, comment puis-je te retrouver ?

Je veux me ressentir ce sentiment de légèreté, liberté.  Cela semble simple mais pourtant, je ne sais trop comment faire pour y parvenir. 

Mais de quelle légèreté ?
légèreté au max
Besoin de légèreté

Cette légèreté, tant dans le mental, que dans le physique, marcher d’un pas léger, dit-on.  Ai-je déjà ressenti ce sentiment léger en moi ?

Il me faut fermer les yeux.  Respirer.  J’ai quelque chose au centre de mon plexus.  Un tourbillon.  Chose certaine, j’ai un malaise qui porte sur mes épaules depuis des lunes.  Ce poids, je l’ai identifié, tout d’abord, par le travail.

Overdose

Au cours de la dernière année, je ne me sentais pas à ma place, surpassée par les événements.  J’avais cette immense boule de poils enfoncée dans la gorge.  À un tel point, comme un chat, j’ai dû la vomir avec maints efforts.

Vomir tout d’abord mon surplus de responsabilités, mon incapacité à supporter tout ceci.  Puis, de me regarder avec douceur et bienveillance, de me dire simplement : enfin !

Ensuite, il a fallu faire sortir tout ce qui ne s’alignait plus avec moi, mon moi profond, mes valeurs, pour ce que, je veux me battre sans effort.  Ne plus être à contre-sens avec moi-même.  Vous savez, lorsqu’on vous demande de faire des trucs qui sont contre vos croyances ? Et je ne parle pas de Dieu ou de l’univers ici, je parle de mes croyances envers l’être humain, avec la bienveillance, offrir son aide.

Épuisée de ces affrontements

J’étais tannée de me battre, d’expliquer, de répéter ma façon de faire, ma ligne de conduite.  Ne dit-on pas que c’est le client qui a raison ? Ben, j’ai une petite nouvelle pour vous.  Le client, il doit être aligné avec toi sinon, tu vas plonger, comme moi, dans la dépression.  Point à la ligne.

J’ai inconsciemment prise des décisions qui allaient faire fuir mes clients.  Sur le coup, j’ai été estomaqué qu’on me rejette ainsi.  Me suis sentie comme un déchet, un rien du tout.  Le syndrome de l’imposteur s’est pointé à la vitesse grand V.   Oui monsieur !  Et pourtant.

Il m’a fallu quelques semaines pour me remettre de ce rejet.  D’accepter.  De comprendre.  Pour finalement me dire que, c’était un beau cadeau déguisé.

Ouvrir un à un

De ce cheminement, je me suis mise à vouloir comprendre ce qui se passe avec moi.  Pourquoi tous ces malaises intérieurs ?

Quand tu essaies de faire face à tous ces malaises en même temps, tu en as le souffle soupé.  Je les ai soigneusement choisis, un à un, puis, quand il se présentait à moi.

Toutes ces explications pour en venir à cette prise de conscience de ce matin.  Fait quoi, 9 mois ? Le temps d’une grossesse et là, j’accouche.  Il était temps !

Pourquoi ne pas repartir de plus belle ?

Le malaise de ce matin est plus profond, encore cette envie de vomir.  J’en ai même un point dans le plexus.  Même mon corps s’en est mêlé.  Il y a quelques jours, je voulais repartir galérer avec tout ce temps, recommencer à m’étourdir, à remplir mon horaire. Et mon cher corps m’a susurré… une inflammation au talon d’Achille, tiens-toi ! Des dents.  Tu veux partir à courir encore ? Je vais te remettre sur le cul pour que tu prennes le temps de comprendre.  J’avais intérêt.

Corps, magnifique corps, que veux-tu me dire ?

C’est évident que je dois prendre encore une pause.  J’ai quelque chose d’important à comprendre et je crois fermement que c’était en relation avec une lecture d’un livre, Reprogrammez votre cerveau, et d’une discussion enrichissante avec mon amoureux.  Je lui avais demandé : selon toi, qu’est-ce que je devrais travailler sur moi ?

Vous savez, j’ai un amoureux extraordinaire.  Il a pris une pause et m’a dit simplement, je ne vois pas quoi, tu es une personne en constante évolution depuis que je te connais, tu es une meilleure personne que tu étais.  Je lui ai reposé la question, il doit bien y avoir quelque chose, non ? Après plusieurs minutes, il m’a dit : ton impatience surtout et, ton désir de vouloir être la meilleure comme la meilleure cuisinière, d’avoir 5 hamsters.  J’ avoue qu’il a raison, je suis dotée d’une impatience plus grande que la patience d’un peuple.  Je suis ainsi depuis plusieurs années et je crois savoir d’où ça vient exactement. Merci de d’avoir pris le temps de m’aider.

Impatience

Mon impatience vient du fait, ado, j’ai failli me noyer.  Jeune adulte, j’ai eu le cancer et fin vingtaine, j’ai fait 5 embolies pulmonaires, en même temps.  J’ai failli mourir plus d’une fois.  J’en ai discuté avec ma thérapeute, cette impression de manquer de temps pour faire tout ce que je dois faire.  Anxiété, impatience, hyperactivité.  Tout ça provient de ces événements marquants.  Depuis l’identification de la source, je prends le temps d’observer ces comportements lorsqu’ils se présentent, de les accepter et, de les laisser aller aussi souvent qu’il le faudra.

Performance

Mon désir de performance date de loin.  Déjà enfant, je voulais être meilleure, être grande avant le temps, je savais que j’avais tellement de chose à faire, j’avais déjà peur de manquer de temps.  Je voulais être grande, forte, intelligente comme mes grands frères !

Toujours plus

Après 2010, je m’étais retrouvée.  Moi, Renée.  Qui j’étais, ce que je voulais.  En fait, c’était en juin 2011.  Je cheminais depuis plus d’un an.  À ce moment précis, je savais qui j’étais, ce que j’étais capable de faire.  J’ai commencé à écrire.  À rencontrer des gens extraordinaires. À être sur les réseaux sociaux, plus présente que jamais.  On rencontre des gens et, de fil en aiguille, la performance se pointe.  Je vais imager pour mieux comprendre.  Je suis une personne à l’esprit vif.  Il me plaisait de débattre sur les réseaux sociaux, d’être drôle, plus drôle que les autres, une espèce de challenge en fait.  Celui de démontrer aux inconnus qui j’étais.  Encore la performance.  Le piège étant que ces inconnus flattaient mon égo et, me défiaient d’être encore plus ceci.

Rajouter des hamsters

Vous savez, ce petit hamster qui est dans notre tête ? J’en ai ajouté 2 d’un coup.  J’avais 3 hamsters ! Oui ! Parce que j’étais multitâche, je pouvais maintenir plus d’une conversation à la fois, toujours sur les réseaux sociaux.  Du coup, j’en ai ajouté un 4e parce qu’une amie virtuelle, rencontrée à quelques reprises, disait en avoir 4.  Et, un beau jour, en discutant avec une collègue, elle m’a suggéré que j’en avais un 5e.  Wow !  J’étais donc fière de dire que j’ai 5 hamsters.

Le hic ?

Si tu as 5 hamsters, tu dois rendre la marchandise.  Tu te dois d’être efficace, rapide, intelligente, pleine de solutions.  Tu peux avoir 4 emplois en même temps et penser à un autre projet.  Ben oui ! Go ! Cours ! «Asti, t’as 5 hamsters toé!»

Tu te prends au sérieux, au jeu, peu importe.  Tu te mets à courir, à vouloir performer encore et encore, d’autant plus que tu as ce problème, de performance.

Ton corps commence à vouloir te parler mais, tu l’ignores.  Tu lui dis, pas le temps d’être malade, d’être fatiguée, en panne d’inspiration.  Tu te reposeras quand tu seras morte, t’auras que ça à faire.  Bête de même.

Une amie m’aurait parlé de cette façon, elle ne serait plus mon amie.  Et moi, voyez-vous, avec mes supers 5 hamsters de feu, je parlais ainsi à mon corps.

Honnêtement ? Juste à écrire ces mots, j’en ai mal au cœur ! J’ai que le goût de pleurer.  Dieu soit témoin que j’ai pleuré ma vie, il y a quelques mois, en plein coaching quand j’ai frappé le mur.

Étrangement, je pleurais de cette méchanceté envers moi et mon corps et, je flottais de bonheur parce que mon corps murmurait : enfin !

Bienveillance et douceur

J’ai donc utilisé de la bienveillance, de douceur pour mon moi et mon corps.  Réapprendre à utiliser des mots qui vont m’élever au lieu de m’écraser, de m’enfermer dans cette boîte.  Respirer enfin.  J’ai mis 4 hamsters à la porte.

Alors, pourquoi encore ce besoin de légèreté ?

Besoin d’identifier l’origine, le moment où je me suis déconnectée de moi.  Cet instant où l’égo a pris le dessus de ma liberté, de ma confiance, de mon bonheur.  Mon égo surdimensionné par les réseaux sociaux, par les commentaires comme quoi j’étais donc bonne d’être, d’en faire autant, en même temps.

Voyez-vous, de comprendre surtout, que tout ce temps perdu pour mon égo, j’ai mis en sourdine la vraie Renée.  Je me suis volontairement mise dans une boîte sociétaire.  J’étais dans le paraître au lieu de l’être.  Je me suis déconnectée de moi, mes désirs, mes aspirations.  Tout ça, pour plaire à un égo qui voulait être parfait pour les autres.

À bas l’égo

Dernièrement, je me suis avouée que je ne suis pas une femme d’affaires, je suis une passionnée de cuisine qui adore créer, modifier, point à la ligne.

En mettant mes 4 hamsters dehors, j’ai retrouvé une certaine légèreté mentale sans faire de méditation.

Je me concentre sur ce que mon corps veut, il le sait mieux que mon mental.  Il me force même à faire une pause même pendant ce confinement de la pandémie.

Je lui demande avec bienveillance ce qu’il veut.  Depuis plusieurs jours, il me dit : légèreté !

Je me suis faite cette promesse ce matin, d’être à l’écoute de mon cœur, instinct, corps avant tout, surtout avant le mental et son immense égo.   J’ai même demandé à mon corps, de me le dire lorsque je dépasserai la ligne et risquer de perdre ma légèreté.

Nous n’avons pas besoin de l’égo pour reconnaître notre magnificence !  Nous le sommes tous et toutes, magnifique.  C’est dans notre énergie que nous devons la reconnaître pour nourrir cette liberté d’être soi-même en toute légèreté !

Renée L’Abbé
22 avril 2020