Impatience envers moi

Ce sentiment d’urgence ou d’impatience ?
masque d'impatience
Impatience, d’où viens-tu ?

Patience ? Je suis fâchée.  J’ai un goût de malaise dans ma bouche, ça ressemble à un lendemain de brosse auquel t’as vomi le trop plein.  Fâchée, oui ! Contre moi.  Pourquoi ?  Parce que.

La réponse n’est pas toujours facile à regarder en pleine face.  Nope.

Juste à y penser à cette réflexion, j’ai mal au cœur.  Un mal de cœur comme quand tu sens un sac de cube de bœuf passé date.  L’odeur de putréfaction qui débute… ce sang un peu trop coagulé, rouge profond.

Soupir, ce n’est pas ce que je désire

Je prends une grande respiration comme si le but premier était de faire disparaître par enchantement ce nœud au creux de l’estomac.  J’ai mal à l’estomac depuis des lunes.  Un inconfort que mon corps veut partager quelque chose avec moi, ma tête.

Je sens un tremblement dans mon plexus.  Comme si quelque chose allait éclater ! L’impression de manquer de souffle, comme si j’allais m’évanouir.  Voyons donc, m’évanouir !  Oui, simple mais ô efficace pour le malaise.

En éclat !

J’ai beau prendre une grande respiration mais, ça grossit.  Je suis sur le bord de voler en éclats.  Un mur, maintenant de verre, fragilisé à force de soupirer.  En fait, ce n’est pas un mur, pas si grand mais plutôt, un miroir.  Miroir que je regarde toujours avec impatience et vite !  Faut pas trop regarder, tout d’un coup j’y verrais quelque chose que je ne n’aime pas trop.

Je prends mon courage à deux mains tremblantes, à l’intérieur.  Un courant électrique saisit mon corps, je ne peux plus reculer.

Ô miroir, dis-moi

Dis-moi ce qui ne va pas !  Pourquoi cette impatience envers moi-même ?  Qu’ai-je fait par le passé que je désapprouve?  Je désapprouve évidemment puisque je contiens autant d’impatience.

Le miroir commence à résister puis, mon être intérieur passe au travers et le fait éclater en de milliers de morceaux.  Ainsi, il s’assure que ma tête ne le recolle par réconfort d’une zone connue.

L’impatience d’exploser

C’est fait, ce miroir contenant mon impatience a explosé en éclats.  Maintenant, les mots s’alignent les uns après les autres et forment une question.  Question qui me frappe de plein fouet comme seule moi sait le faire.

Pourquoi as-tu accepté de porter des masques pendant si longtemps ?

Pendant des années, pour être comme tout le monde, pour faire partie de la gang, de la famille, je me suis imposée des comportements, des façon de penser.  Oui, imposer.  Je me suis collée les masques un à un, en les superposant.  Tellement que, lorsque je me regardais dans un vrai miroir, je n’étais plus en mesure d’apprécier mon être intérieur.  Il était caché, enseveli sous ses nombreuses couches.

Je jouais un rôle !

Juste à les enlever

Ben oui, c’est ce que j’ai fait.  Je croyais que ça m’avait pris 3 mois.  Après réflexion, j’évaluais 12 mois environ.  Après ces nombreux mois, j’ai retrouvé la Renée joyeuse, un tantinet insouciante qui mordait la vie à belle dent.  Mais, y’avait un mais.

Tu as beau les enlever, il restait une marque.  Une cicatrice qui balafrait mon visage.  Cette zébrure me rendait impatiente.  Alors, que puis-je faire pour effacer cette ombre qui voilait mon regard ?

Impatience fait place à bienveillance

Oui, vous avez bien lu.  Avoir de la bienveillance envers moi.  Me regarder avec douceur, comprendre.  Prendre cette marque et lui dire qu’elle a terminé son travail.  Maintenant, j’ai compris.

On a beau enlever les masques mais si ne nous pardonnons pas d’avoir laissé les autres nous imprégner de forces leurs pensées et comportements, un malaise persiste.  Malaise qui signifie également, attention, tu récidives.

Ce matin, je porte un regard différent sur cette époque.  Avec bienveillance, ma perception de moi-même dans ces différentes situations, en est un d’apaisement, de pardon.  Le ton est doux et non accusateur.

J’ai tout de même le cœur gros.  Alors, je me console, je mets ma main droite sur mon plexus et je dis : corps, être intérieur, moi, pardon.  Pardon de ne pas avoir écouté les signes que tu me donnais.  Des signaux qui sont devenus physiques puis, psychologiques.  Pardonne-moi de t’avoir mis en dernier dans les priorités de la vie.

Et finalement, les yeux plein de larmes, j’écris ce message.  Un message d’espoir pour moi, et qui sait, peut-être une autre personne : «Écoutez votre corps avant les autres».

Renée L’Abbé
5 mai 2020

Article sur le sujet : http://renelle.ca/2017/12/28/masque-porter/