peur Archives - renee.labbe https://reneelabbe.ca/tag/peur/ bien plus que des mots Tue, 30 Jan 2024 20:50:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.7.2 https://i0.wp.com/reneelabbe.ca/wp-content/uploads/2021/11/cropped-logo-web-rl-1.png?fit=32%2C32&ssl=1 peur Archives - renee.labbe https://reneelabbe.ca/tag/peur/ 32 32 214803066 Projections catastrophiques https://reneelabbe.ca/2022/03/22/projections-catastrophiques/ Tue, 22 Mar 2022 09:24:20 +0000 https://reneelabbe.ca/?p=388 Me suis fait réveillée par des coups donnés dans ma porte, ma fenêtre et la sonnette d’entrée qui ne cessait son cri strident malgré la douceur choisie de la sonnerie. Je rêve, comme un film, des projections catastrophiques déroulent rapidement dans un coin de ma conscience. Mon esprit, ensommeillé peine

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Me suis fait réveillée par des coups donnés dans ma porte, ma fenêtre et la sonnette d’entrée qui ne cessait son cri strident malgré la douceur choisie de la sonnerie. Je rêve, comme un film, des projections catastrophiques déroulent rapidement dans un coin de ma conscience.

Mon esprit, ensommeillé peine à sortir de cette brume épaisse de cette courte nuit entamée. Complètement désorientée. Je sors du lit, non sans être mêlée à mes couvertures, l’oreiller tombe lourdement sur le sol. Je l’appelle affectueusement mon oreiller de sécurité, quand elle tombe, je ne suis pas loin derrière elle.

J’ai réussi à trouver l’interrupteur de la petite lumière accrochée à la tête du lit. Je cherche une jaquette, quelque chose pour m’habiller. Je suis confuse. J’ai l’impression que c’est mon amoureux. Je comprends pas, pourtant, il a le code pour entrer dans la maison, non ?

Urgence

Je réussi tant bien que mal à monter les escaliers pour me rendre à la porte d’entrée, je vois quelqu’un qui fait les cents pas devant, j’ouvre. Mon frère est devant moi, en panique, la voix qui tremble. Malgré la lenteur des connexions de mes neurones, je commence à saisir son message à travers ses mots saccadés. Papa. Coma diabétique. Ambulance. Urgence. Maman. Peur. Viens m’aider. Je sais pas quoi faire. Aide-moi. Vite.

Le processus s’enclenche dans ma tête. Je lui dis, je sais que ça semble ridicule: «Entre, respire. Calme.» Il bafouille, je le fais répéter. «Je ne lui ai pas donné son câlin avant de me coucher, j’étais trop fatigué!» Je mets ma main calmement mais fermement sur son bras, respire. Il est entre bonne main, n’imagine pas le pire. Je lui dis de me donner quelques minutes pour que je m’habille. J’enfile rapidement mes vêtements de la veille qui reposent sur le bord de la malle à linge. Je cherche mon foutu soutien-gorge. Je crois que dans tout ça, c’est ce qui m’exaspère au plus haut point. Et le fait que je dors comme une marmotte. Voyez-vous, les voisines se sont réveillées avant moi. Je les rassure en leur répondant par texto.

Laisse-moi t’aider

Mon frère me demande si j’embarque avec lui ou si je prend ma voiture. Je lui dis que je vais conduire sa voiture. Il tremble, il a peur. Pendant le parcours pour se rendre à l’hôpital, je dois attendre à un feu rouge et je lui fais faire un exercice. Trois grandes respirations par la bouche, expire bruyamment à chaque expiration. L’objectif est de le ramener dans le moment présent. Éviter les projections catastrophiques que notre cerveau reptilien nous offre gratuitement quand l’adrénaline embarque. On appelle ça, le mode survie.

Je sais, que c’est important d’être dans le moment présent pour créer les meilleures possibilités de réussite pour le futur. Tout ce que l’on imagine forme un égrégore. Et lui, bien, il peut se manifester dans notre réalité à vitesse grand V. Et, je sais, on fond de moi ce que mon frère imagine au pire. Je ne veux pas laisser cette panique m’envahir. Je veux un égrégore de bienveillance, de gratitude.

Gratitude ? Oui, que maman ce soit réveillée pour aller faire pipi et qu’au retour a vu papa qui n’allait pas bien. Qu’elle a été en mesure de réveiller mon frère dans son logement en-dessous. Que mon frère a rapidement contacter le 911. Que les ambulanciers ont réagit efficacement pour ramener mon père. Taux de sucre : 1.4

Enfin

Dès notre arrivée à l’urgence, l’ambulancière sort et nous dit avec un sourire que papa va mieux, il est conscient et fait même des jokes. Soulagement. Le stress descend d’un cran. On s’assoit, mon frère sonne pour l’accueil. Le jeune homme, infirmier ou médecin, aucune idée, nous explique où passer, il nous attend ensuite à l’entrée du corridor pour nous diriger vers la salle où papa est installé.

Maman marche d’un pas rapide, je lui dis de ne pas courir. Je sais qu’elle est stressée, elle a peur, elle veut voir son homme. Elle tient mon bras. Je lui répète de ralentir parce que je m’enfarge dans mes souliers, elle réduit le rythme. Vous comprendrez que mon intervention était pour elle et non pour moi. Je retiens ça de mon père et de plus, on respire moins bien avec les masques. Ça sert à rien de courir.

La porte de la salle ouvre. Papa est là, sur le lit, tout fier de nous dire que c’est son deuxième plat de crème glacée, y’a aussi mangé du fromage et a un jus d’orange. Son teint est rosé. Maman le regarde et lui dit : «Une chance que je suis allée faire pipi hein ?» Papa sourit à maman. Il nous dit : c’est la fête à Antoine aujourd’hui, une chance que je vais bien. Projections catastrophiques en perte de vitesse.

Je texte mon chum pour l’informer, mais il dort. Je vois que mon frère m’a appelé 13 fois. Mon cellulaire n’est jamais dans ma chambre, c’est contre mes principes. Et là, je dis à mon frère, si tu dois aller travailler à l’extérieur, je vais placer mon téléphone dans ma chambre quand tu es absent. Fuck les principes hein ?

Un peu de stress

Papa pogne une grosse crampe, j’attrape sa jambe, je viens pour masser et je me dis : «wo la grande, c’est peut-être un caillot». Je mets mes mains sous son pied pour faire comme un plancher pour que mon père puisse pousser. Mon frère court vers l’infirmière. Elle apporte des couvertures chaudes, une sur la cuisse, une sous le mollet et une sur les jambes. Les pieds étaient froids. Et, on doit dire que le corps de mon père a travaillé fort pendant ce court combat. Son corps, crispé, les muscles contractés travaillaient pour maintenir les organes essentiels à la survie : cerveau, coeur, poumon. Papa ne se rappelle pas l’épisode de la maison jusqu’à l’arrivée à l’urgence.

On discute avec lui, on fait des jokes. Je remercie l’infirmière de prendre soin de mon papa. Taux de sucre : 6. Le rythme cardiaque est bon, pression belle pour lui mais basse pour moi et oxygène sanguin à 96. Bon signe, pas de caillot. Projections catastrophiques en manque de jus.

Réflexions

Puis maman s’exclame : «On pensait dormir chacun dans nos chambres parce que je te réveille quand je vais faire pipi, ben y’en ai pas question, compris ? Une maudite chance que je me suis réveillée, j’ai bien vu que tu allais pas bien». Papa ricane un peu.

Je le regarde avec des yeux sévères avant de partir : «Heille, arrête de nous faire peur, on a un 60e anniversaire de mariage à fêter en juillet !» Papa sourit. Mon frère me propose de me ramener, maman vient avec nous parce que papa cogne des clous très fort. Nous laissons nos numéros de téléphone aux infirmières.

Retour au bercail

Mon frère me ramène à la maison, j’éteins la lumière extérieure. Ça va faire moins de lumière dans la fenêtre de chambre des voisines. C’est la moindre des choses. Chatouille m’accueille, avec des points d’interrogation dans ses yeux. Auriez-vous cru que c’est pas possible ?

J’enlève mon manteau, je dépose ma sacoche, branche mon cellulaire en vérifiant qu’il soit ouvert, il était fermé. Je pouvais ben pas entendre rien. Les numéros de la famille sont en priorité, même si mon cell est en dodo, leurs appels sont autorisés… quand il est ouvert !

Surfer sur la vague, c’est possible

Je suis dans la cuisine, les bras ballants. Je suis soudainement frappé par les projections catastrophiques possible. Le souffle court, mes yeux se remplissent soudainement, ma gorge est nouée. Je m’appuis sur l’évier et me secoue la tête. Égrégore Renée, égrégore. Je m’autorise quelques minutes, je laisse cette vague de panique me frapper mais pas de m’engouffrer. Quelques larmes glissent doucement sur mes joues. Je respire trois fois bruyamment. Respire. Moment présent.

Et c’est là, que les mots se bousculent dans ma tête à un rythme fou. Je sais que je ne pourrai pas dormir sans les coucher sur papier mais surtout, je suis inquiète quand même pour papa.

Ça tombe bien. En ouvrant mon courriel, j’ai reçu le lien de la méditation du mois du groupe Le lab pleine conscience. Je vais de ce pas, méditer. Calmer ces pensées qui désirent nourrir un égrégore aux projections d’un futur apocalyptique, ne pas laisser de place à ses sentiments qui nous envahissent et nourrissent l’anxiété et ses projections. Preuve de plus que je n’ai plus besoin des pilules. La sagesse l’emporte enfin.

Finalement, la vie reprend son cours, Chatouille tourne autour de moi, quémande encore sa nourriture.

Renée L’Abbé
22 mars 2022

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L’ange noir https://reneelabbe.ca/2013/08/30/ange/ Fri, 30 Aug 2013 13:56:00 +0000 https://reneelabbe.ca/?p=445 Encore toi, l’ange noir. J’ai chaud.  Mais j’ai les frissons dans le dos. Mon souffle est court, je peine à respirer. L’air remplit mes poumons avec une sensation de brûlure empoisonnée. J’ai mal. Je tente de bouger.  Mes gestes sont lents, incohérents. Mes yeux exorbités par la peur te regardent

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Encore toi, l’ange noir.

J’ai chaud.  Mais j’ai les frissons dans le dos.

Mon souffle est court, je peine à respirer.

L’air remplit mes poumons avec une sensation de brûlure empoisonnée.

J’ai mal.

Je tente de bouger.  Mes gestes sont lents, incohérents.

Mes yeux exorbités par la peur te regardent t’approcher de moi.

Tu es immense. Sombre.  Tu absorbes la lumière et le son.

Mes mains tentent désespérément de former un bouclier.

Mais.  Tu es l’ange noir.

Tu planes doucement et durement, sans bruit avec détermination.

Rien dans cet univers ne t’arrête.

Tu arrives sur moi et à l’instant même que tu me touches, j’ouvre les yeux.

Je suis trempée de sueur, emmêlée dans mes draps.

Je divague des phrases incohérentes prononcées dans un dialecte de ce mauvais rêve.

Cauchemar.  Pas que la version simple.

Il m’est impossible de me rendormir.  Tentations multiples et vaines.

J’essaie de faire abstraction de cet horrible sentiment qui m’envahit, lentement.

Il laisse derrière lui une trainée de peur et de, peut-être que.

Ta visite n’est pas un hasard.

L’impression laissée réside dans le fait que ton existence dans un monde irréel se transpose malgré la logique et toutes explications plausibles.

Tu as traversé le pont qui relie nos 2 mondes.

Tu t’agrippes et solidifies tes ancrages à chaque minute de terrain que tu gagnes sournoisement.

J’ai encore peur.

Tu ne présages rien de bon.

Tu es tourmente.  Désespoir.  Douleur.

Je sais.  Et je n’aime pas.

Je dois porter ce fardeau de ta présence en ce monde.

Jusqu’à ta prochaine frappe.

J’ai peur.

Renée L’Abbé

30 août 2013

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Victime ou non https://reneelabbe.ca/2012/09/16/victime-ou-non/ Sun, 16 Sep 2012 17:39:00 +0000 https://reneelabbe.ca/?p=710 19h28 L’air est doux. La promeneuse respire à fond, d’un pas rapide, la musique enlevante. Fébrile, elle débute son circuit habituel sans aucune pensée surtout d’être une victime potentielle. 19h57 Le soleil est couché.  Un restant de rayon s’éteint.  Les ombres envahissent le ciel ombragé.  Le vent est de plus

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19h28 L’air est doux. La promeneuse respire à fond, d’un pas rapide, la musique enlevante. Fébrile, elle débute son circuit habituel sans aucune pensée surtout d’être une victime potentielle.

19h57 Le soleil est couché.  Un restant de rayon s’éteint.  Les ombres envahissent le ciel ombragé.  Le vent est de plus en plus frisquet.

Elle décide soudainement de changer son trajet, question de faire plus de pas, plus d’exercice, influencée par sa prise de décision de remise en forme quotidienne.

Elle marche toujours d’un pas décidé quoiqu’elle ne connaisse pas vraiment les lieux.

Rencontre

Quelqu’un klaxonne.  Elle sursaute. Encore des gamins en voiture qui se croient roi du stationnement du centre commercial.

Elle semble entendre crier.  Doit-elle ralentir ? Et si, c’était une personne en détresse ? Une victime ?

Les cris semblent provenir du stationnement souterrain. Elle voit une camionnette.  Claquements de portes. Les cris cessent, aucune idée de leur direction. Un mauvais sentiment la gagne lentement, sûrement.  De la noirceur. Pure et noire.

20h14 Elle monte le son de sa musique, question de ne rien entendre, question de ne pas s’en poser.

Elle voit quelque chose dans le bas-côté du chemin.  Ça bouge encore.  C’est sombre. Aucun lampadaire n’éclaire suffisamment. Elle plisse les yeux.  Un animal semble se débattre. Une pauvre victime. Un frisson de dégoût la traverse soudainement. Qui peut faire du mal à un être et le laisser là pour contre ? Devrais-je le ramasser ? L’aider ou l’achever ?

Mais un autre frisson monte lentement le long de son échine.

En gang

Un pas trainant, une silhouette vague surgit au coin de la rue. Les poils se hissent dans son cou. Son souffle est court, rapide, nerveux.

La silhouette se divise en trois… adolescents, avec un sourire moqueur. Ils s’approchent, en prenant tout l’espace du trottoir.  Leur regard est arrogant et lance un défi à la promeneuse.  En la croisant, ils la bousculent en ricanant, croyant lui faire peur.  Ils l’interpellent se croyant tout permis.

Elle fait deux pas.  Arrête.  Je ne sui pas une victime. Phase 1. Son cœur ne bat plus. Ils rigolent et lui lancent des invitations disgracieuses. Elle arrête sa musique, range son appareil. Phase 2. Se tourne vers eux lentement, lèvent les yeux, sourire machiavélique et leur demande de sa voix gutturale :

« C’est bien à moi que vous parlez? »

Mais qui est donc cette promeneuse ?

Renée L’Abbé
16 septembre 2012

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Un bruit, et si c’était… https://reneelabbe.ca/2011/10/26/un-bruit/ Wed, 26 Oct 2011 19:30:00 +0000 https://reneelabbe.ca/?p=512 Aucun bruit. L’air est vif.  Froid même. Une nuit noire.  Nouvelle lune. Chaudement habillée avec mon manteau de laine, foulard et mes gants. Marchant d’un pas relativement rapide, je ne suis pas si pressée. Je veux profiter de ces quelques minutes pour apporter du calme en moi. J’entends le crissement

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Aucun bruit. L’air est vif.  Froid même. Une nuit noire.  Nouvelle lune.

Chaudement habillée avec mon manteau de laine, foulard et mes gants. Marchant d’un pas relativement rapide, je ne suis pas si pressée. Je veux profiter de ces quelques minutes pour apporter du calme en moi.

J’entends le crissement de mes pas sur le sol, légèrement humide. Je me rends à mon rendez-vous. Je passe près du parc.

Soudain.

J’entends un bruit sourd.  Je sursaute. Je retiens mon souffle. Mon estomac se contracte. Mes sens tombent en alerte.

Le calme du paysage est inquiétant, fantomatique presqu’effrayant. Un frisson traverse ma moelle épinière. J’ai froid dans le dos. Mes bras ont la chair de poule.

L’atmosphère est mystérieuse, feutrée. Une odeur putride envahit mes narines.

Mais qu’est-ce que ?

J’entends une respiration comme si… on se préparait à.

BANG ! Le bruit se répète.

Je scrute attentivement.  Je le vois ! Un jeune garçon qui s’exerce à son sport favori, le hockey. Lancer frappé.

Un sourire s’ébauche sur mes lèvres.  Soulagement. Rire. De moi-même. Une frousse ridicule.

Élucubration.  Imagination fertile.

Je respire profondément.  L’air est d’une pureté ce soir. Je lève les yeux au ciel.  Aucun nuage. Je suis émerveillée par la beauté des étoiles.

Elles se reflètent dans mes yeux qui brillent de milles feux.

Sourire.

Je suis bien, me sens heureuse et repars d’un pas léger…

Renée L’Abbé
26 octobre 2011

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