Expérience de vie Où j'en suis Reflexions

2010 année de changement


2010 en rafales… Qui eut cru que je passerais de l’espérance totale au désespoir en 24 heures seulement.

Le 17 mai 2010

Je reçois une bonne nouvelle par courriel de la firme d’avocats : le recours collectif contre l’entreprise pharmaceutique entre dans la phase procès.

Le 18 mai 2010

Mon conjoint m’annonce maladroitement, qu’il m’aime bien comme ami mais plus comme un amoureux.  Je suis laissée, je suis le rejet. C’est la chute, je tombe. Mon monde s’écroule.  Je suis en petits petits morceaux.

Je passe environ deux jours dans la phase « en suspension ».  J’espère que le cauchemar cesse mais quand je me réveille, mon visage est encore rempli de larmes.

Le vendredi, j’avais un souper de Guerdas pour fêter Annie, Christine et Monic.  Je ne voulais plus y aller mais, ce n’est pas compter sur l’acharnement de mes Guerdas.  Une Guerda en détresse, les autres sont là pour la secourir.  Elles m’appellent, m’envoient des courriels et me supplient d’être présente au souper, que ça va me faire du bien.  Bien sûr, elles ont raison.  Leur support est un précieux cadeau.  Elles seront présentes tout au long de mon parcours et je vous en remercie de tout mon cœur.

Trouver une maison, juin 2010

Je suis dans l’action.  J’appelle mon agent d’immeuble, Pierre.  À peine deux jours de passés, je visite déjà une maison et un condo, ma mère est présente.  Pendant la visite du condo, je pleure.  Pierre me dit : « je ne suis pas ici pour te vendre une maison, tu n’es pas en état, je suis ici pour te montrer différentes options pour ton futur parce que tu ne les vois pas présentement ».  Pierre est un homme bien.

Avant de trouver la maison, je dois faire le deuil de la nôtre qui ne l’est plus.  Je dois faire abstraction de ce que je possédais, une maison au bord de l’eau avec un âcre de terrain aménagé de fleurs et d’arbres magnifiques.  De mon plaisir, lorsque j’arrive de travailler, de prendre mon kayak et de faire le tour du lac, une heure de pure délice, avant le souper.  Ou regarder le soleil se coucher sur le lac.  De voir tous les oiseaux, les canards, le « glou-glou » Bûtard d’amérique, le grand héron qui niche tout près.  Dans solarium dans lequel je fais ma lecture ou ma peinture. Et le spa.  Du terrain qui a déjà appartenu à ma grand-mère paternelle.  Du magnifique chêne, pommiers que j’ai planté dont je ne verrai jamais les fruits.

Les visites

J’ai visité tout les genres de maison, du condo, maison familiale, duplex ou triplex.  À un certain moment, j’étais tenté d’acheter un triplex mais, je ne sais pas pourquoi mais il y avait un « mais ».  Une vieille connaissance, pas dans le sens qu’elle est vieille mais bien que ça fait très longtemps qu’on se connait, Joëlle me donne son opinion avec toute sa franchise. 

Elle me dit de penser à mon affaire avant d’acheter le triplex.  Un triplex, oui c’est intéressant pour les revenus mais est-ce que je suis prête à gérer des locataires ? Les réparations ? Les dégâts ? Et, le plus important mais non le moindre, tu es en loyer dans ton triplex.  Merci Joëlle ! Tu m’as aidé à compléter ma phrase avec le « mais ».  Je crois que l’on rencontre les gens au bon moment quand nous sommes prêts à recevoir l’information pour poursuivre notre chemin.  Et toi, tu as été mon GPS pour un instant très important afin de ne pas prendre le chemin de bois ! Encore merci !

Évidemment, en achetant ma maison en ville, j’ai quand même l’honnêteté de dire que je suis beaucoup plus citadine que je le pensais.  J’aime la proximité.  Je suis plus ou moins à 30 minutes de tout, à pied ! Plus besoin de prendre ma voiture sauf pour l’épicerie et encore.

Revenir sur ses mots, juillet 2010

Au début de l’été, je ne voulais pas de maison à rénover.  Je croyais que je n’avais pas la capacité de le faire, ni l’énergie. Avec le recul, je me demande si ce n’était pas tout simplement que je n’avais pas le goût de me rénover.

J’ai travaillé extrêmement fort physiquement, j’ai pratiquement tout fait moi-même dans la maison sauf l’électricité et le plâtre.  En passant par sortir le bain qui pesait 2 tonnes, en installer un léger comme une plume.  Installer le plancher de bamboo d’une superficie de 1000 p.c.; enfin, personne ne s’opposait à moi pour que j’utilise la scie à onglets; je suis capable et non, je ne me suis pas coupé une main. En même temps que j’effectuais tout ces changements, j’évoluais également à l’intérieur de moi.

Un deuil ?

Quand je me suis séparée, je pensais que j’aurais qu’un deuil à faire, celui du conjoint.  Pas tout à fait vrai ! Ce n’est pas UN deuil mais DES deuils.

Pour moi, le deuil du conjoint a passé par l’acceptation d’être rejetée, de ne plus faire l’affaire.  Ensuite, c’est le deuil de ne plus être à deux.  De ne plus avoir personne à la maison quand tu arrives de travailler pour raconter ta journée.  Ce sont les soupers en tête à tête avec soi-même.  C’est de ne plus partager.  Partager les bons et les moins bons moments.  C’est dur.  Vivre seul avec moi-même, j’en suis capable.  Mais de ne plus pouvoir partager avec quelqu’un, c’est plus difficile.

Seul, oui mais

J’ai donc décidé de voir l’avantage d’être seule.  Je choisis pour moi seulement.  J’ai donc une chambre à coucher de « fille » et surtout rien de « foncé » pour rendre ça plus masculin. Blanc, fauve, rose. Je peux faire une sieste quand je veux et il n’y a personne pour me dire que je dors encore ou de me traiter de marmotte.  Je mange à l’heure que je veux.  J’ai le contrôle de la télécommande, objet sacré masculin même si on dit UNE.

Je découvre des forces dont je ne pensais pas posséder.  Réparer ma souffleuse, changer le filtre à air de ma voiture (jamais fait avant), ajuster ma toilette, installer mon cinéma maison avec ma nouvelle TV.  Je me trouve grande. Mais. J’ai beau énuméré les avantages, personne ne m’enlèvera de la tête que la vie à deux est bien plus belle parce que justement, on peut partager.

Maternité

Le deuil que j’ai trouvé le plus dur à faire est celui de ne pas pouvoir avoir d’enfants.  Mon « last call » était avec mon ex-conjoint.  Je suis rendue trop vieille pour en avoir maintenant.  Je n’ai pas la capacité financière pour en avoir seule, ni l’énergie.  Du temps, j’en ai plus.  Même si je n’ai jamais eu ou ressenti le besoin pressant d’avoir un enfant, je ressens quand même de la tristesse dans cette absence.  J’ai le cœur gros quand même et mes yeux sont encore plein d’eau.  Je peux me consoler en me disant qu’on vit dans un monde fou, que la planète s’en va sur le « yiable », que l’avenir est incertain; mais, j’aurais aimé, moi aussi, avoir une petite Renée qui me regarde quand je me maquille et qui me pose une question : « pourquoi t’as des plis près des yeux maman ? » :..(

Deuil de la maison, de ne plus avoir Charly, deuil de certains ami(e)s, deuil de certaines activités (ski-doo pour l’instant, avion), deuil de 2010.

En morceau

Lorsque j’ai dit que j’étais en petits morceaux, je l’étais mais j’ai compris ce matin, 7 mois plus tard, que c’est la Renée en couple qui était en morceau.  La Renée, moi, est toujours entière.  En 2010, une partie de moi était en morceau.  Est-ce nécessaire de la recoller ? Non.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de me redécouvrir, me retrouver.  Moi, celle qui chante, aime et écoute la musique.  Mes éclats de rire, mes folies et mes aspirations.  Celle qui veut vivre chaque seconde de son présent comme des cadeaux.  J’aime ce que je trouve en moi. Je m’aime telle que je suis et je veux m’aimer lorsque je serai grande aussi.  J’aime expliquer au gens que j’ai encore 16 ans dans ma tête afin qu’il soit en mesure de comprendre que j’ai tellement mais tellement de chose à faire et à découvrir.  Le monde s’ouvre encore à moi, un nouveau monde remplit de belles surprises, je retiens mon souffle pour faire des WOW….

Renée L’Abbé
1er janvier 2011