La barque
En barque ma belle, on n’ira pas vite.

Une relation amoureuse est comme une barque. On peut être seule ou deux. Aucune idée ce que cette barque aura à traverser mais on se dirige vers le même endroit, idéalement.
Lorsqu’on entre dans une relation avec une autre personne, nous embarquons dans cette fameuse barque.
Comme je suis peureuse sur l’eau, je préfère y aller doucement afin de ne pas verser, de me stabiliser et m’assurer de me rendre à bon port. Et ce, même si le voyage ne nous offre aucune garantie vers la destination.
Sécurité ?
Nous aurons à braver bien des tempêtes, si nous avons oublié la sécurité d’enfiler notre gilet de sauvetage et d’apporter notre coffre à outils, nous pourrions bien y laisser notre peau.
Y’a ceux et celles qui décident, à un moment donné, de quitter la barque sans trop crier gare. Normal puisque cette dernière ne s’y retrouve rarement, et se propulsent vers une autre barque. Se souciant guère des remous qu’ils causent par leur geste, ne pensant qu’à eux même.
Y’a ceux et celles qui tendent désespéramment la main afin que quelqu’un se joignent à leur barque pour les aider à ramer. Ils sont épuisés par leurs multiples efforts sans prendre le temps de comprendre leur situation.
Seul ou plus ?
Être seul(e) dans une embarcation demande à coordonner, à penser à ses prochaines actions pour économiser son énergie et s’assurer d’être en mesure de parcourir un bout de chemin. De prendre ainsi conscience de ses capacités à bien manœuvrer sa propre barque, sa vie, sans l’aide de personne. On y découvre l’autonomie et un certain plaisir même fierté de le faire.
Y’a ceux et celles qui veulent quitter la barque mais ne laissent pas l’autre tout seul à ramer, à tourner en rond. Ils proposent d’aider l’autre pour un temps, le temps de retrouver ses bouées, ses repères et sa stabilité. De cette sagesse, les deux sortent gagnants.
Ces personnes ont la capacité de se rendre compte qu’il n’y a peut-être plus d’amour mais que l’amitié l’a remplacé en cours de trajet. Pour conserver cette amitié, l’humilité doit être présente tant la franchise et l’honnêteté. Dans cette situation, on ne veut pas vider la barque de l’autre. Non.
Peu importe dans quelle barque vous voguer, prendre conscience de son bien-être ainsi que celui de son partenaire est nécessaire à bien naviguer. La communication est importante si on veut ajuster nos voiles et nos rames pour aller dans la même direction.
Parfois les vents et marées sont favorables à l’avancement, parfois, exige de demeurer sur place pour travailler d’une autre façon notre relation. Aucun mouvement, aucune absence de mouvement n’est perdus.
Avec la bonne personne
La question existentielle est que, votre partenaire de barque est-il celui ou celle avec lequel vous désirez voyager ? Croyez-vous que vous serez en mesure de vous rendre ? Ou allez-vous simplement évacuer l’eau avec l’écuelle ou la cuillère que vous tenez en main ?
Avez-vous un plan ? Vous fiez-vous que sur les étoiles ou sur votre capacité à vous de diriger en partenariat avec l’autre ? Osez-vous embarquer ou demeurez-vous sur le quai ? Embarquez-vous sans réfléchir dans la barque déjà pleine de trous ? Serez-vous la seule personne à ramer et l’autre vous donnant des ordres ?
Voyagez sur une mer d’amour ou d’amitié nécessite des ajustements au fil de la traversée. Quelle soit houleuse, calme ou déchainée, c’est à nous, de décider comment nous allons ajuster nos voiles pour continuer notre périple.
On ne peut diriger le vent mais nous pouvons ajuster nos voiles. [J. Dean]
Finalement, c’est à chacun d’entre nous de faire que notre barque nous ressemble et nous permette de bien vivre, avant tout, avec nous même.
Je vous souhaite une merveilleuse traversée.
Renée L’Abbé
24 janvier 2016