Peine
Non, pas aujourd’hui… Je m’efforce aujourd’hui à vous sourire. Mais, j’ai seulement le goût de pleurer. Vous m’avez parlé, regardé et pourtant, personne n’a vu ma peine à l’intérieur de moi.
Alors pourquoi ? Pourquoi ce serrement à l’intérieur de moi ? Et pourquoi ces larmes ne cessent-elles pas ce soir ? Je suis triste. Wow ! Méchante analyse ! Mais pourquoi ? Trop fatiguée ? Dépassée par certains événements ? Ou tout simplement, vouloir aller trop vite !
Nommer ce sentiment
Fatiguée ? Oui. Mon corps a mal à l’intérieur. Maudite température. Mais, j’ai l’impression, ce soir, d’avoir un immense trou noir à l’intérieur, juste vis-à-vis de ma gorge. C’est pas mon cœur ! Non, c’est quelque chose que je ne dis pas. Quoi ? J’entends pas bien ! Ça commence en chuchotant, puis, les sanglots éclatent, tellement forts que j’ai de la difficulté à respirer. Je dois lâcher prise. Encore. Je dois laisser aller cette sensation, laquelle ? J’en vois plus qu’une. Colère ? Oui. Peine ? Oui. Désolation ? Oui.
On dirait, ok, pas de « on dirait », parle avec le JE. Je crois, que j’ai accumulé une multitude de plus ou moins grandes tristesses. Je les prends et je les mets dans ma poche comme si de rien n’était, parce que je suis grande, je suis forte. Mais pas ce soir. Ma poche est percée, défoncée. Je n’ai plus de place.
J’avoue avoir de la colère envers moi-même. Oh oui ! Colère de juger, de ne pas comprendre. Juger une amie qui est probablement, non sûrement désespérer d’être seule depuis plusieurs années. De ne pas comprendre de mettre ses espoirs dans le concret. D’être territoriale (n’ayez pas trop d’image sans connaître ma définition). Demander pardon à soi-même ? Gros devoir.
Ton enfant, mon amie
De ne pas comprendre comment fait cette maman qui m’explique « on the go » que son fils sera dépendant d’eux et que ce petit garçon de 6 ans que j’aime particulièrement, ne sera probablement jamais complètement autonome. Probablement jugé par ses pairs et que la vie ne sera probablement pas tendre avec lui. OUI, j’ai le cœur gros. Je voudrais tellement changer la donne de la vie pour lui. Ce petit homme que j’ai tenu dans mes bras avec à peine une semaine de vie ! Là, je suis en colère contre la vie.
Les dés sont pipés d’avance pour lui et je ne comprends pas pourquoi. Avec ses grands yeux verts qui te regardent comme si tu étais la personne la plus importante dans l’univers. Je te trouve forte mon amie, de porter ce fardeau sur tes épaules, tu ne pèses pas 120 livres toute trempée mais tu as une force de caractère tellement incroyable. Oui, tu as pleuré mais tu te relèves et tu fonces dans cette société afin de donner tout ce qu’il y a de meilleur pour ton fils. Et tu n’as pas qu’un enfant mais cinq ! Chapeau !
Peut-être bien
Je sais, le précédent paragraphe contient beaucoup de « probablement ». C’est également « probablement » pour cette raison qu’ils me font tant pleurer. Je me transpose dans un futur possible et négatif. Je sais. Mais, pleurer me ramène à mon présent. Me soulage. M’apaise. Me calme enfin.
Je devrais peut-être jouer à la tortue et m’assurer de me rendre à destination. Mais, le lièvre lui en profite pour s’amuser. Une « torvre » ! Allez plus lentement mais en s’amusant. La créativité revient. C’est bon signe.
Laisser…
Je me sens comme un citron, pressée, fatiguée. Pourtant, la période d’impôts n’est pas encore commencée ! C’est sûrement mes SPM. Ou, mes fins d’année au bureau. Peut-être parce que j’ai ENFIN terminé d’écrire 2010. Oui, je pleure beaucoup ce soir, mon écran danse. Je vois le bon côté (encore), ça met de la vie dans mon ordi ! L’important, je vis le présent, mes sentiments et ma peine ne sont pas drôles mais je les vis, pour que demain soit une nouvelle journée remplie de belles choses, enfin je l’espère !
Maintenant que j’ai tout mis par écrit, j’espère pouvoir dormir. J’ai encore un tout petit quelque chose dans ma gorge. Chose certaine, je vais avoir besoin d’un peu, beaucoup de « gel indulge » ce soir; c’est un gel servant à « dégonfler », à apaiser les yeux bouffis.
J’en prendrais bien une caisse !
Renée L’Abbé
25 janvier 2011
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